Les vautours des Gorges de la Jonte

Pour celles et ceux qui me suivent et connaissent une partie de mon travail, je me suis toujours attaché à vous faire découvrir des animaux mal aimés ou en danger d’extinction à travers mes photographies.

Après vous avoir fait découvrir mes photos dans 2 éléments (l’eau avec les grands requins blancs et les lions de mer australiens ; la terre avec les bébés phoques du Groenland), je vous emmène pour un nouveau voyage photographique dans un nouvel élément, l’air, à la découverte d’un extraordinaire planeur : le vautour fauve.

Pour les Incas, c’était une divinité sacrée liée au culte du soleil.

En Europe, dans l’imaginaire collectif, le vautour fait peur car son nom a toujours été associé à la mort.

Pourtant, cet oiseau est un charognard et non un prédateur ! C’est une espèce nécrophage c’est-à-dire qu’il consomme des cadavres. Il assure une fonction de nettoyage très écologique en permettant aux éleveurs d’éviter des dépenses d’équarrissage et en débarrassant la montagne des animaux morts.

Malgré la croyance populaire, le long cou et la tête du vautour ne sont pas dénudés mais doté d’un fin duvet, ce qui lui permet de fouiller plus efficacement dans les carcasses. Doté d’un bec très puissant et tranchant, il peut découper les cuirs épais des carcasses mais il ne peut ni attaquer ni tuer un animal.

Ses pattes, contrairement à celles de la plupart des autres rapaces, sont dépourvues de griffes, puisque qu’elles n’ont pas d’utilité pour la chasse et ne servent que pour se percher et marcher.

Le poids moyen d’un vautour fauve est de 8 kilos. D’une envergure maximale de 2,80 mètres, il vit de 25 à 35 ans (en captivité, jusqu’à 40 ans) et sa longueur varie de 95 à 110 cm.

Le vautour fauve est un oiseau planeur. Lourd et massif, il utilise les courants ascendants thermiques pour planer et ne connait pas de frontières: il peut ainsi parcourir des centaines de kilomètres en volant à la manière d’un planeur ou d’un deltaplane à la recherche de sa nourriture constituée de chaires molles (muscles et viscères).

Consommant très peu d’énergie, il lui faut peu de nourriture et il peut donc jeûner plusieurs jours.

Contrairement à la légende, c’est à la vue et non à l’odorat qu’il repère un cadavre. Les vautours peuvent intervenir moins d’une demi-heure après la mort d’un animal. Dans le cas de morts rapides – morsure de vipère, foudre, attaque de chien etc. -, le cadavre de l’animal peut être repéré et consommé par les vautours dans les minutes qui suivent.

Lors d’une curée, on observe en moyenne 30 à 50 vautours, parfois une centaine, parfois beaucoup plus !

Les vautours sont présents dans les gorges de la Jonte (sud du Massif Central) depuis environ 70 000 ans. Ils ont pacifiquement cohabité avec les hommes jusqu’au milieu du 19ème siècle.

C’est à la fin des années 1940 que les derniers spécimens de vautours fauves disparaissent du ciel français du fait de l’action conjuguée de trois facteurs : le poison, le tir et la disparition de leur source principale de nourriture, les carcasses d’animaux domestiques, dont l’abandon est interdit.

La réintroduction de l’espèce débute au début des années 1980. Aujourd’hui, la colonie, qui augmente régulièrement, commence à se rapprocher des effectifs qu’elle avait avant sa disparition. En 2009, 240 couples de vautours fauves ont été recensés sur un territoire de plus de 4000 km2.

Les Causses de Lozère, du Gard et de l’Aveyron accueillent aujourd’hui la deuxième population française de vautour fauve après celle des Pyrénées.

Dès que les premiers souffles d’air chaud remonteront de la vallée, les vautours s’élanceront des falaises et des arbres sur lesquels ils ont passé la nuit pour nous offrir, sans dressage, un ballet aérien empli de liberté.

L’homme, dont la mentalité et le regard ont évolué sur cet animal, a réussi à recréer ce qu’il a détruit en offrant à présent une protection méritée aux vautours.

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2 commentaires pour Les vautours des Gorges de la Jonte

  1. Superbe comme toujours!! De merveilleux clichés qui laissent une belle empreinte !!Merci

  2. Bonjour Patrice,
    Superbes prises de vue. Cela me rappelle les vautours immortalisés cet été en Lozère. Sans indiscrétion, d’où avez-vous shooté? J’avais trouvé un spot prêt du village du Rozier côté Gorges du Tarn.
    Merci pour vos partages…
    Bien sincèrement,
    Emmanuel (le mari de Coralie du CAP de Bx)

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